Présentation de Solaris 209

Illustration : Émilie Léger

Les fêtes de fin d’année sont (nous l’espérons) une période de réjouissances et l’occasion de partager de bons moments avec nos proches. Mais c’est aussi une période de réflexion : a-t-on des regrets sur ce qu’on n’a pas fait/dit et sur ce qu’on aurait préféré ne pas faire/dire ? C’est là qu’entrent en scène les auteurs des littératures de l’imaginaire…

Au sommaire

…car c’est bien ce dont il est question dans la nouvelle « Bis » de Sébastien Chartrand, où on apprend l’existence de chronomigrants, ces infortunées personnes qui ont voyagé dans le temps de façon involontaire et se retrouvent bloqués en 1995. L’idée de recommencer son passé différemment est tentante, mais… Frédérick Durand propose une variation intéressante de l’idéal de vie dans « Les Vacances disloquées ». L’auteur nous invite à suivre un homme parfait, à la famille et à la vie parfaites dans une journée de moins en moins… parfaite. Puis c’est au tour de Rich Larson, que nous publions pour la première fois dans nos pages. Dans « Sombre Cœur chaud », Kristine retrouve enfin Noel, qui revient des Territoires du Nord-Ouest où il a enregistré des histoires traditionnelles en inuktitut dans le but de les traduire. Une nouvelle fantastique glaçante. Notons la présence dans le volet critique de recensions à propos de Tomorrow Factory, un recueil de nouvelles de Larson, et de son premier roman, Annex. Le volet « fictions » se termine sur une nouvelle de Mario Tessier, « À la recherche de Snoopy » (dans la thématique de l’archéologie spatiale de son article paru dans Solaris 206) : une expédition cherche à récupérer le module lunaire d’Appolo 10, un artefact de valeur pour l’histoire de la conquête spatiale. Un texte tout en finesse sur l’importance de ce qui a pavé le présent.

Suit un article érudit signé Élodie Daniélou (que nous avons déjà publiée en fiction sous le nom d’Enola Deil) sur « L’Utilisation des épigraphes dans Dune, de Frank Herbert » (aux dernières nouvelles, l’adaptation prochaine du roman par le réalisateur québécois Denis Villeneuve va bon train et devrait compter deux films). Et retour de Mario Tessier qui nous fait découvrir les utopies sonores dans « La Symphonie fantastique ou les instruments musicaux imaginaires ». Notre équipe critique n’a pas non plus chômé et propose pas moins de vingt-six pages de suggestions de lecture : vous saurez quoi lire. Le tout est magnifiquement illustré par Émilie Léger, Marc Pageau et Sagana Squale. Si Émilie et Marc sont connus de nos lecteurs, Sagana n’en est qu’à sa deuxième présence dans nos pages : maniaque de sons et créateur d’images, il apparaît dès le début des années 2000 dans le milieu des fanzines et des expositions indépendantes de Québec. De multiples projets alliant images et musique lui firent créer des images autant pour des étiquettes de disques que des groupes de musique du Québec et de l’Europe. Il produisait aussi une émission de radio musicale iconoclaste sur l’une des stations indépendantes de Québec. Ses images paraissent de façon régulière en Europe, via le Belio magazine, et au Québec à travers plusieurs expositions et collectifs artistiques tel que le Canadian Bacon (sagana-squale.blogspot.com/).

Retour sur 2018

Cette année, le jury – Jean Pettigrew, Philippe Turgeon, Élisabeth Vonarburg et moi-même –, n’a pas remis le prix Joël-Champetier, réservé aux auteurs francophones hors Canada. Comme l’a indiqué Élisabeth Vonarburg en novembre lors des Utopiales à Nantes, le lauréat d’un prix doit pouvoir être publié dans l’état, sans direction littéraire. Un texte prometteur et de qualité qui nécessite du retravail (même minuscule) ne peut être lauréat. Nous restons fidèles à ce degré d’exigence et de professionnalisme, qui sont un gage de qualité. Et nous encourageons vivement les auteurs à participer à la quatrième édition (cf. page 3).

Et il est temps pour les auteurs canadiens francophones de songer à participer au prix Solaris (cf. page 2), dont la date limite est le 18 mars 2019. Tic-tac-tic-tac !

Parlant des Utopiales, Solaris y était bien représentée encore cette année : Yves Meynard, Élisabeth Vonarburg, Jean-Louis Trudel et Sylvie Bérard ont participé à une table ronde intitulée « Solaris, une revue québécoise ». Le festival a été plein de belles surprises : Élisabeth Vonarburg y a reçu le Prix extraordinaire des Utopiales pour l’ensemble de sa carrière : une distinction méritée pour celle dont le talent n’a d’égal que sa générosité envers la relève qui ne cesse d’apprendre d’elle.

Tout en songeant que la réalité a peut-être déjà rejoint la fiction – les jumelles génétiquement modifiées en Chine –, nous vous souhaitons une bonne lecture. Rendez-vous au printemps !

Pascal RAUD

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