Critique de la semaine : Le Nombril du monde, de Roland C. Wagner

Roland C. Wagner

Le Nombril du monde

Bordeaux, Les Moutons électriques (Les Saisons de l’étrange), 2018, 127 p.

Dans le cadre de leur nouvelle collection « Les Saisons de l’Étrange », consacrée aux enquêtes surnaturelles, les éditeurs des Moutons Électriques ont réédité la novella Le Nombril du monde de Roland C. Wagner (un auteur français, comme son nom ne l’indique pas nécessairement, décédé en 2012). Le texte, paru pour la première fois en 1997, s’inscrit dans le cycle de L’Agence Arkham, un univers partagé initié par Francis Valéry, puis poursuivit par Roland C. Wagner, François Darnaudet et Sylvie Denis. Les romans du cycle sont liés par des personnages récurrents, soit les détectives du paranormal embauchés par l’agence.

En fait de détective, Le Nombril du monde met en scène Yasmine, une jolie jeune femme d’origine arabe qui a grandi en banlieue parisienne. Imaginez Scully, mais parlant verlan. Elle est appelée en renfort par un ami d’enfance, uniquement connu sous le nom de L’Œil, qui croit avoir assisté à l’apparition d’un démon durant un concert rock. Il prétend également qu’un singe géant l’aurait attaqué tandis qu’il traînait près de la Pierre aux Moines, un petit menhir local. Tout cela semblerait plus mystérieux si L’Œil n’était pas un bon à rien et un alcoolique notoire. Cependant, Yasmine décide de profiter de l’occasion qu’il lui offre pour venir fouiner dans sa banlieue d’origine et tenter de renouer avec sa famille. La tentative menace de tourner court lorsqu’elle tombe sur son frère aîné dans un bar et constate que celui-ci réprouve toujours autant « les meufs au strobi ». Et L’Œil semble avoir disparu…

Je ne dévoilerai pas davantage l’intrigue, sur fond de rock et de satanisme, de ce petit opus. Évidemment, comme il s’agit d’une réédition, il ne renouvelle pas le genre, mais il ne se prend pas non plus au sérieux et permet de s’amuser à repérer, au fil des pages, les allusions à la culture populaire des années quatre-vingt-dix. Bref, c’est une histoire courte et légère qui accompagnera bien une journée pluvieuse ou un moment de détente à la plage.

Geneviève BLOUIN

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