SV Bell, Nocturne, le mensuel du noctambule vol.1 (1-6)

SV Bell

Nocturne, le mensuel du noctambule vol. 1 (n˚ 1 à 6)

Montréal, Black Flag, 2017-2018, 32 p.

Avec l’arrêt de publication du fanzine Clair/Obscur dans sa forme initiale de revue imprimée, l’horreur n’avait plus de véhicule sous forme de revue au Québec. Heureusement, grâce à l’initiative de SV Bell, bédéiste et passionné de fantastique et d’épouvante, il y a du nouveau dans le merveilleux monde de l’horreur québécoise ! Nocturne est une revue mensuelle dans laquelle on retrouve une bande dessinée scénarisée et illustrée par SV Bell, une affiche centrale qui reprend l’illustration de couverture, également illustrée par Bell et finalement, « Slinger Sister », un feuilleton écrit par Dany Dagenais. Chaque numéro s’ouvre sur un éditorial de SV Bell, où il revient sur la destinée de Nocturne et où il présente brièvement le numéro en cours.

Disons-le d’entrée de jeu, la qualité de l’objet est franchement impressionnante. Imprimé en couleur sur du papier glacé dans un format comics à l’américaine, Nocturne a clairement un look professionnel. Il est important de le souligner, puisque SV Bell semble tenir l’entièreté du projet sur ses épaules, et les coûts financiers doivent être conséquents. Pourtant, à chaque numéro, Belle offre un produit de qualité qu’on prend plaisir à feuilleter. Et preuve du succès grandissant de la revue, les espaces publicitaires disponibles diminuent à chaque numéro, ce qui augure bien pour sa continuation.

En termes de contenu, chaque numéro propose deux histoires : la BD de SV Bell et une partie du feuilleton fantastique de Dany Dagenais. Ça semble peu, mais avec un format trente-deux pages, les choix éditoriaux seraient difficiles, et Bell peut se permettre de donner plus d’ampleur et de souffle à ses histoires, pour le plus grand plaisir du lecteur. Parce que oui, on aime les histoires qui nous sont racontées dans Nocturne. Que ce soit du fantastique plus classique, un hybride entre la SF, le fantastique et l’horreur ou de l’épouvante pure, on aime découvrir l’histoire du numéro suivant.

Avec son esthétique brute et son absence de retouches à l’ordinateur, le dessin de Bell n’est pas sans rappeler les pulps américains des années 1950. D’ailleurs, les histoires elles-mêmes auraient tout à fait eu leur place dans Weird Tales, Tales from the crypt et autres magazines à cinq sous de la grande époque des pulps. Ce style d’histoire et d’illustration est parfaitement assumé par SV Bell et le résultat est convaincant.

Disponible dans plus de 800 points de vente, dont des tabagies, des kiosques à journaux, des cégeps, des universités et des magasins spécialisés en bande dessinée, Nocturne semble promis à un bel avenir dans le petit monde du fantastique et de l’horreur québécois, et c’est tant mieux. La suite des choses s’annonce d’ailleurs intéressante, puisqu’une chronique cinéma de quatre pages en collaboration avec l’équipe derrière Horreur Québec sera bientôt ajoutée à la revue. De quoi satisfaire l’appétit des amateurs d’horreur !

Pierre-Alexandre BONIN

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