Daniel Sernine, Le Cercle de Khaleb (Fa)

Daniel Sernine
Le Cercle de Khaleb
Saint-Lambert, Héritage (Écho), 1991, 368 p.
Ce livre est la suite du Cercle violet paru aux éditions Pierre Tisseyre (Prix du Conseil des Arts 1984 en Littérature de Jeunesse). La suite, et pourtant il en est très différent. Meilleur ? Moins bon ? Les deux à la fois, et ni l’un ni l’autre. C’est tout simplement autre chose.
On y retrouve les familles Michay et Davard dans le manoir de Granverger, aux prises avec un problème similaire. Mais Le Cercle de Khaleb renoue avec un public un peu plus jeune, que visaient les premiers romans du cycle fantastique de Neubourg et Granverger : les personnages principaux sont des jeunes de treize et quatorze ans qui aspirent à vivre des aventures palpitantes. Et qui préfèrent n’en parler à personne lorsqu’elles leur tombent dessus, selon la tradition des romans d’aventure.
De plus, c’en est fini de l’épée Arhapal. Elle qui ne faisait qu’une brève apparition dans Le Cercle violet, elle n’est même pas mentionnée dans Le Cercle de Khaleb. L’auteur semble l’avoir remplacée par un objet magique dont on n’avait jamais soupçonné l’existence. Peut-être pour ainsi relancer le cycle fantastique sur une nouvelle voie ?
Tout débute par un drame : la mère de Maxime est arrêtée lors d’une manifestation contre la conscription, peu avant la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’histoire commence aussi par un étrange dialogue avec des morts de Mésopotamie. Voilà qui est déjà plus intrigant. Ces deux événements devaient être réunis pour que Maxime Michay soit, dans un premier temps, envoyé chez son meilleur ami à Granverger, en attendant que sa mère soit libérée, et qu’ensuite il se mette à découvrir des choses hors du commun avec son ami Virgile Davard. De drôles de cercles tracés pendant la nuit dans le gazon de la propriété des Davard. et un sombre poisson qui n’a pas l’air naturel… C’est bien suffisant pour enflammer l’imagination des deux jeunes ! Puis c’est la découverte des clés d’un vieux magicien qui lance l’aventure, la vraie. De vieilles clés qui ouvrent de vieilles portes, rien de plus excitant pour Maxime et Virgile. Sans tarder, ils s’élancent (de nuit, bien sûr) dans l’exploration des caves du manoir, malgré l’asthme de Virgile. Et c’est ainsi qu’ils découvrent un secret ancien : une porte et une trappe murées.
Puis c’est madame Émery, qui enseigne depuis longtemps à Virgile, qu’ils surprennent dans le bureau de monsieur Davard au milieu de la nuit. Clandestinement, elle consulte un gros livre et prend des notes.
D’ailleurs, elle n’est pas la seule à avoir des activités nocturnes.
Adrien Narbonne, l’autre professeur privé de Virgile, passe certaines nuits dans la salle de banquet à parler tout haut en des termes sinistres. Et il y a aussi Wilson, le jardinier, qui fait glisser des tonnes de roches dans l’étang du manoir à la lueur des étoiles. Comme le dit si bien Maxime, y a-t-il quelqu’un dans tout le manoir qui n’ait pas un comportement bizarre ? Mais surtout, qu’est-ce qui motive tout ce monde ? Qui sont les méchants et qui sont les bons ? Les deux amis sont décidément au cœur d’un imbroglio unique, où le passé et le présent se trouvent intimement liés.
Même si Le Cercle de Khaleb vient après Le Cercle violet, et que certains personnages sont communs aux deux volumes, il n’est pas essentiel d’avoir lu Le Cercle violet pour y voir clair. Tout au plus est-ce commode, car ainsi le lecteur en sait autant que Maxime et Virgile, mais aussi autant que monsieur Davard, ce qui lui permet de comprendre ses allusions au passé et le place dans une position privilégiée, de connivence avec l’auteur !
Cela ne simplifie pas le mystère pour autant. Car, dans cette chasse au trésor mystique, personne ne joue franc-jeu (pas même les deux héros) et les indices sont rares. Ainsi, l’auteur réussit à maintenir le suspense et l’intrigue jusqu’à la toute fin, si bien que le lecteur devient aussi nerveux que les deux jeunes héros. Et surtout, pas moyen de deviner à l’avance comment tout ça va finir. C’est comme dans la vraie vie : plein de déceptions et de surprises !

Julie MARTEL

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