Critique de la semaine : Franck Cassilis, Le Mantra originel

Franck Cassilis

Le Mantra originel

Saint Léonard de Noblat, Pulp Factory (Aventures Imaginaires), 2017, 188 p.

La collection Anticipation première manière, souvent décriée des puristes modernes mais longtemps pleurée par les nostalgiques d’après-guerre, surtout après les trois cents premiers numéros et l’abandon des couvertures de Brantonne, ressurgit chez un nouvel éditeur avec ce premier volume. Nul ne contestera l’influence sur la SF d’expression française de cette série de romans relativement brefs et résolument populaires. C’est son public qui semble être visé ici. Toutefois, si l’ancien métrage est respecté, la formule apparaît modernisée tant par la maquette que par l’inspiration.

Pour ce roman-ci, c’est l’influence de Star Wars qui prédomine. Le cadre est la Galaxie colonisée par l’humanité mais où les extraterrestres ont leur place et que déchire une guerre civile entre deux factions : une bonne et une moins bonne. Le héros est Serro Warfin, contrebandier d’armes qui évoque d’abord de près Han Solo : surtout intéressé par l’argent que lui rapporte le trafic d’armes, il se laissera fléchir par la détresse de rebelles. Non seulement il sera converti par eux mais leur sauvera la mise en recueillant leur héritage. En ce sens, il se rapproche alors de Luke Skywalker.

Ce n’est pas tout : il y a un équivalent de la Force. Les néo-chamanes, pratiquent un culte mystique et détiennent la Pierre de Mantra qui procure à de rares élus des pouvoirs bien matériels. Serro Warfin se révélera l’un d’eux in extremis et s’en servira pour empêcher une des factions (la mauvaise), qui l’avait infiltré chez les rebelles, de s’en emparer dans des buts inavouables. Enfin, n’oublions pas une imitation féminine (et irrésistiblement sexy) de Darth Vader, chargée de le surveiller, qu’il devra (hélas) éliminer avant de récupérer son astronef et reprendre son métier de contrebandier.

Saluons donc là une aventure épique et mouvementée, pas très originale mais bien conçue, revendiquant sans prétentions et sans complexes son héritage cinématographique (lui-même synthèse de toute une tradition du space-opera états-unien). Son personnage principal, sympathique crapule rachetée par le destin pour sauver la Galaxie, mériterait davantage de développements, ce que ne suggère guère la conclusion. L’auteur, fanatique avoué de la collection Anticipation, aurait encore beaucoup à conter dans une série où son héros reprendrait du service.

Jean-Pierre LAIGLE

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