Critique de la semaine : Les Compagnons de Roland, de François Peneaud

François Peneaud

Les Compagnons de Roland

Paris, Les Moutons Électriques (Les Saisons de l’Étrange) 2018, 176 p.

Curieuse ambiance que celle de ce roman. Dans la France de 1932 la Tour Eiffel a été reconstruite grâce à Gabriel Dacié, richissime et savant mécène – qui s’en est pour ses bonnes œuvres réservé un étage – depuis sa destruction dix ans plus tôt par un pirate aérien qui exigeait une rançon pour l’épargner. Le président Albert Lebrun vient d’être assassiné par les Compagnons de Roland. Ceux-ci préparent un coup d’état qui les rendrait maîtres du pays si le généreux donateur et ses amis ne s’en mêlaient. Steampunk ? Uchronie ? Un peu de chaque, mais sans agressivité et avec force clins d’œil du côté des pulps états-uniens et du roman populaire français d’avant-guerre.

Et surtout, dans cet univers faussement familier, agit et se déchaîne la mystérieuse « énergie mentalique », que maîtrisent également les deux adversaires. Mais pour arriver à leurs fins, les méchants doivent s’emparer – entre autres – de l’olifant et de l’épée de Roland (le paladin de Roncevaux), Durandal, et de Joyeuse, celle de Charles 1er (l’empereur à la barbe fleurie) qui se révèlent réceptacles et émetteur de ladite énergie – qualifiée en leur temps de magie. Et les « mentalistes » de chaque côté de s’affronter avec moult projections plus ou moins dangereuses, voire mortelles, sauf à leur opposer de promptes contre-mesures. Bien sûr, les bons triompheront.

Ce complot s’entremêle avec la découverte d’une pyramide dont l’inventeur ne s’est jamais remis et qui projette les personnages dans une dimension peuplée d’agressives créatures, pieuvres arboricoles et écrevisses surdimensionnées, dont ils auront du mal à se débarrasser. Le lecteur retrouvera dans ce bref roman rétro l’esprit de Jean de la Hire, Marcel Alain et Pierre Souvestre, sans compter l’équipe de la série des Doc Savage. Fantaisiste, peu explicite, assez décousu, sans prétentions autres que distraire un public d’adolescents plus ou moins attardés mais dynamique et facile à lire, il fera la joie de votre enfant après vous avoir procuré un bon moment de délassement.

Jean-Pierre LAIGLE

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