Solaris 122 (Été 1997)


Illustration: Marc Tremblay

Feuilletez ce numéro

Fictions

Les funambules, par Luc-André D’Aragon.
(Lauréat du Prix Solaris 1997)

Akmee, par Harold Côté.

La Mante, par Denis Belisle

Bande dessinée

Un bruit dans la nuit, par Marc Pageau.
(Lauréat du Prix Solaris 1997)

L’Apprenti, par Jean-François Bergeron.
(Lauréat du Prix Solaris 1997)

Articles

Virus : Réalité et fiction dans The Stand, de Stephen King, par Hugues Morin.

"Lorsque Stephen King a publié The Stand pour la première fois en 1978, la réaction générale du public a été favorable au roman en tant que fiction, mais tous les lecteurs s’accordaient à dire que la situation décrite était fortement improbable, voir même impossible. Imaginer un virus aussi destructeur ayant la propriété d’être extrêmement contagieux, tout en se propageant par voie aérienne était tout bonnement trop effrayant."

"En 1991, King a réédité The Stand en version intégrale. à ce moment-là, après une décennie marquée par le sida, l’aspect terrifiant du virus était moins perturbant, puisque des virus semblables paraissent nettement possibles aujourd’hui. Et de tels virus existent bel et bien, justement."

"Le virus de King semble être une mutation du virus de la grippe, qui est appelée "Grippe A", dans le roman. Il s’agit d’un virus aérogène, c’est-à-dire transmissible par des voies aériennes, et qui comporte un degré de contamination de 99,4%."

"Depuis 1967, une "famille" terrifiante se dégage parmi les virus: les filovirus, ainsi nommés à cause de leur forme longiligne qui leur donne une allure de fil. [Filovirus est dérivé du terme latin filoviridae signifiant virus-fil]"

"L’ébola Zaïre est mortel pour 90% des humains atteints. Un fléau éradicateur presque digne du roman de Stephen King. Les symptômes de la "Fièvre ébola" sont les suivants: maux de tête et fièvre, douleurs musculaires, problèmes respiratoires, saignements importants, problèmes rénaux et hépatiques, diarrhée, vomissements, puis choc final, le saignement à blanc par tous les orifices."

"Même s’il s’y prend différemment, la destruction du système immunitaire que le sida met dix ans à accomplir, L’ébola l’accompli en dix jours."

"La première épidémie connue d’ébola a eu lieu au Zaïre, en septembre 1976. L’épidémie a débuté dans un hôpital de mission, à Yambuku. L’ébola s’est déclaré presque simultanément dans 55 villages de la région. 280 personnes atteintes, avec un taux de mortalité de 90%."

"Ce qui est certain, c’est que l’apparition d’un virus tel que celui mis en scène par Stephen King dans The Stand n’est pas impossible. Pire, elle n’est pas improbable!"

Chroniques

Les Galaxiales de Nancy, par élisabeth Vonargburg.

Les littéranautes, par Yves Meynard et Hugues Morin.

Lectures, par Marc-André Ferguson, élisabeth Vonargburg et Roger Bozzetto.

L’Anachorète dilettante, par Alain Bergeron : Chacun son Atlantide (1).

"C’est ainsi, j’imagine, que chacun se forge son Atlantide, au hasard de lectures et de moments d’émotion comme ceux-là. Il existe une abondante littérature romanesque sur le thème des continents engloutis, que ce soit dans le registre aventure, dans le fantastique ou l’heroic fantasy, dans la science-fiction ou le roman "historique. On n’a qu’à se servir."

"Disons-le d’entrée de jeu, l’affaire commence avec Platon (428-347 av. JC). Pas avant. Comment donc un monsieur aussi sérieux que ce grand philosophe se met-il tout à coup à parler de l’Atlantide?"

"La localisation de l’Atlantide ne laisse place à aucune ambiguïté. Il s’agit d’une grande île dans l’océan Atlantique, de l’autre côté des "Colonnes d’Hercules" (le détroit de Gibraltar). Elle est "plus étendue que la Lybie et l’Asie (mineure) prises ensemble". Mais le plus troublant est cette précision: on pouvait à l’époque, à partir de cette île, passer sur d’autres îles, puis "sur tout le continent situé en face, le continent qui entoure complètement cet océan qui est le véritable océan". Certains concluront plus tard que l’Atlantide, île immense au milieu d’autres îles, donnait accès à l’Amérique et à l’océan Pacifique."

"Pourtant, cette minutie elle-même paraît suspecte. Comment Platon pourrait-il parler avec autant de précision d’une société disparue neuf mille ans avant lui?"

"Mais, pour l’essentiel, l’Atlantide est une fabulation."

"C’est précisément parce qu’il s’adresse à l’émotion, qu’un grand mythe résiste sans difficulté à tout effort rationnel pour lui régler son affaire. On va s’en rendre compte dans les siècles qui vont suivre, au fur et à mesure que les variations les plus inattendues viendront exploiter le thème proposé par Platon. Chacun voudra se forger une Atlantide à la lumière de ses propres lubies. Le meilleur est à venir, mais aussi le pire."

Illustrations

Miriam Greenwald

Mise à jour: Août 2000 –