Livre reçu: Jean-Clet Martin, Logique de la science-fiction de Hegel à Philip K. Dick


 Couverture

Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2017, 352 p.

« Un livre de philosophie doit être une sorte de science-fiction, écrit Gilles Deleuze. Or, la science-fiction elle-même, dès la fin du XIXe siècle avec E.P. Mitchell, prend Hegel comme modèle d’une histoire abordée à travers une logique contradictoire. Jean-Clet Martin, après sa lecture novatrice de Phénoménologie de l’esprit, relève donc ici un pari audacieux : faire entrer l’immense champ de la science-fiction dans le geste le plus inventif de la philosophie moderne. C’est à bord du vaisseau La Logique de Hegel qu’il entreprend pour cela, d’une écriture alerte et imagée, de nous faire voyager à travers une multitude d’univers, ceux de Van Vogt, de H.G. Wells ou de Lovecraft, mais aussi d’Asimov, de Philip K. Dick, et de tant d’autres. S’appuyant sur les trois parties de La Logique – Être, Essence, Concept –, Jean-Clet Martin décrit avec minutie les grandes articulations des œuvres, littéraires et filmiques. Il nous démontre que c’est toute l’histoire de la science-fiction qui se nourrit des paradoxes de la logique. Au-delà de Dick, elle trouve chez Clarke, Baxter, Robinson, Wilson, ou Poul Anderson, les embrayeurs d’un monde pluriel, entraînant nos vies sur des devenirs très étrangers au temps chronologique. Par ce voyage vertigineux au cœur des fictions spéculatives, on découvre que de nombreuses structures narratives, de nombreux concepts et agencements entretiennent des liens étroits, quasiment en miroir, avec La Logique de Hegel, comme si celle-ci, à travers sa phénoménale créativité, appartenait tant au monde de la science-fiction qu’à celui de la philosophie. »