Solaris 123 (Automne 1997)


Illustration: Stéphane Vallières

Feuilletez ce numéro

Fictions

Rencontre d’un soir, par Richard Blanchette

L’os d’Arkalash, par Cartier-Jones

Articles

Judith Merril, par élisabeth Vonarburg

La Science-fiction à travers les années, photo-reportage de Jean-Pierre Normand et Michel T. Prévost et Hugues Morin

Romans dérivés de Star Wars: Hauts et bas de résurrections cinématographiques, par Hugues Morin

"…Finalement, si j’ai décidé de m’y mettre malgré tout, c’est après avoir lu quelques mauvaises critiques! Je déplorais ce tournant chez Star Wars, une série qui a beaucoup influencé ma jeunesse. Et je me suis dit qu’il y avait peut-être (certainement, en fait) quelques bonnes choses dans le lot!

Tel que je m’y attendais, on trouve du bon et du moins bon dans ces romans dérivés. Je mentionne tout de suite au lecteur de ceci que je n’ai pas tout lu la production de romans Star Wars, mais en ai lu une bonne quinzaine, ce qui me donne un point de vue certainement biaisé mais duquel se dégage toutefois certaines tendances générales."

"Le premier auteur à s’être attaqué à l’univers Star Wars: Timothy Zahn. L’auteur a mis en scène plusieurs personnages nouveaux. Bien sûr, il n’a pas été le seul à utiliser cette idée (évidente), mais il a été le seul à l’utiliser avec autant de brio; créant des personnages tout aussi vrais que les héros classiques des films et non des justificatifs en carton-pâte esquissés en quelques lignes. Que l’on pense au personnage du Grand Amiral Thrawn ou encore à Mara Jade, ces personnages s’inscrivent dans la saga à part entière. Cet état de fait est le résultat de l’ambition de la trilogie de Zahn, qui réussi à livrer trois excellents romans de space opera malgré les nombreuses contraintes dont il avait à tenir compte. Aucun de ses successeurs n’arriveraient à égaler ce que Zahn a fait.

Il faut noter un détail important: Zahn a été le premier, ce qui l’a en quelques sortes avantagé face aux autres, malgré tout. Car le principal problème des suivants étant la crédibilité d’ensemble et la répétition (on ne compte plus le nombre de fois où les enfants-jumeaux de Leia et Han — potentiellement jedis — se sont fait kidnapper par les méchants!). Trouver un moyen de faire ce qui n’a pas encore été fait dans cet univers est devenu plus difficile après le passage de Zahn."

"Steve Perry a eu l’opportunité de s’attaquer au problème de manière différente. Il signe Les Ombres de l’empire, dont l’action se déroule entre L’Empire et Jedi. Perry n’a donc pas à vivre avec les contraintes de ses collègues du moment qui signent des romans ou trilogies post-Jedi. Mais, et ce mais est d’importance, il a à vivre avec plusieurs contraintes propres à ce projet. La plus importante est que le lecteur sait ce qui arrive aux personnages après son roman. L’auteur ne peut donc pas jouer sur le suspenses du style: «Luke va-t-il mourir?» puisque le lecteur sait qu’il vit toujours au début de Jedi… Autre problème de taille: l’absence d’une figure importante en la personne de Han Solo, qui, on se le rappellera, est en congélation carbonique entre L’Empire et le Jedi. De plus, le lecteur attentif remarquera que Perry peut mettre en scène de nouveaux personnages, mais devra alors travailler fort pour que leur absence de Jedi soit plausible…

Finalement, les contraintes auront raison de Perry, qui signe un roman dont les grands moments sont trop prévisibles et qui ne réussi pas — au contraire de Zahn — à créer de nouveaux personnages forts. Le point le plus intéressant de ce roman est sans conteste la présence de Darth Vader un personnage qui fait défaut à toutes les autres productions dérivées se déroulant après Jedi, dont aucune ne peut compter sur un méchant aussi fascinant que Vader (le seul à être réellement réussi étant le Thrawn de Zahn)."

"… Le meilleur se trouve quant à lui chez les auteurs ayant réussi à écrire des romans (à peu de choses près) complets en eux-mêmes, nonobstant leur appartenance à la saga Star Wars. Dans l’ordre de mes préférences: Timothy Zahn, Roger MacBride Allen et Michael p.Kube-McDowell. Je remarque seulement au moment d’aligner ces noms qu’il s’agit d’auteurs généralement associés à la hard-SF (voire même à Analog). Je ne sais trop s’il faut en conclure que ces auteurs étaient mieux placés que les autres pour réaliser de bons space opera ou qu’il s’agit tout simplement d’un biais de lecteur, mais je doute de cette dernière hypothèse, n’ayant jamais été un très grand fan de hard-SF…"

Chroniques

Courrier du lecteur.

Les littéranautes, par Christian Sauvé, Joël Champetier et Sylvie Bérard

Les points sur les zines, par Hugues Morin et Yves Meynard

Lectures, par Jean-Louis Trudel, Luc Pomerleau, Olivier Bidchiren et élisabeth Vonarburg

L’Anachorète dilettante, par Alain Bergeron: Chacun son Atlantide (2)

"L’Atlantide, c’est la faute à Platon, ainsi on l’a vu dans la première partie de cet article. Quatre siècle avant notre ère, le grand philosophe athénien se taillait sur mesure un grand mythe épique qui allait lui permettre d’illustrer quelques unes de ses thèses."

"Mais peu importe, au fond, les thèses morales ou philosophiques qui ont pu présider à sa naissance, ce qui compte, c’est qu’un mythe a vu le jour. Un mythe d’une ampleur hors du commun."

"L’Atlantide est ce que vous appelez l’Amérique, affirme un des personnages de la Nova Insula Atlantis (La nouvelle Atlantide), l’utopie de Francis Bacon (1627). L’idée est séduisante, quoiqu’en désaccord avec Platon qui parlait d’une destruction complète de son continent."

"L’affaire se complique lorsqu’un zoologue anglais nommé Philip Sclater avance l’hypothèse que les branches africaine et asiatique des singes lémuriens pourraient être originaires d’une même terre, une île de l’océan Indien aujourd’hui engloutie, qu’il appelle Lemuria. Le naturaliste allemand Ernst Haeckel se demande à son tour si cette hypothétique Lemuria ne serait pas également le berceau des primates et, finalement, du genre humain. Le paradis terrestre, en quelque sorte."

"Mu et l’Atlantide finissent par s’emmêler dans un mysticisme commun, lorsque la fameuse Helena Blavatski, grande prêtresse de la Société de théosophie, décide de s’emparer à son tour des continents perdus. Dans un des dix volumes de sa Doctrine secrète (1888), elle raconte que des visiteurs du monde astral lui ont parlé de l’Atlantide et de Lemuria, terres porteuses respectivement de la troisième et de la quatrième des sept races "souches" de l’humanité. Un disciple de madame Blavatski, W. Scott-Elliott, fournit plus de détails. Son ouvrage, The Story of Atlantis (1914), explique comment les Atlantes se sont subdivisés en races secondaires, parmi les quelles on compte les Toltèques, les Sémites, les Akkadiens et les Mongoliens."

"En 1940, Cayce déclara aussi qu’une partie de l’Atlantide referait surface en 1968 ou 1969, au large des îles Bimini. Or, on a effectivement découvert quelque chose en 1968, dans les eaux de cet archipel près de la Floride. Il s’agit de formations rocheuses alignées qui seraient, selon les atlantomanes, des vestiges de mégalithes édifiés par une antique civilisation. On parle d’une longue route pavée de blocs de pierres rectangulaires. Certains objets de grande taille ont une forme cylindrique qui les fait ressembler à des colonnes. Les géologues d’allégeance officielle ne sont pas du tout de cet avis"

"Mais s’ils étaient aussi avancés, pourquoi les Atlantes ont-ils disparu? La théorie voulant qu’ils se soient auto-détruits revient de façon assez récurrente. Le mauvais usage de l’énergie atomique est évoqué chez Charroux, par exemple, mais aussi chez Cayce"

"Pour Hapgood, Hancock et quelques autres (Rand et Rose Flem-Ath, When the sky fell, 1995), l’Antarctique est le continent clé que l’on recherche."

"Pourrait-il y avoir du vrai, après tout, dans le récit du vieux Platon, allons-nous nous demander. Oublions Cayce et Donnelly, et voyons ce que l’histoire et l’archéologie "sérieuses" pourraient avoir à nous dire sur l’Atlantide."

Illustrations

Claude "Scot" Beaulieu

Mise à jour: Août 2000 –