Sci-Néma 165

par Hugues MORIN [HM] et Christian SAUVé [CS]

Exclusif au Volet en ligne (Adobe Acrobat, 1 505Ko) de Solaris 165, Hiver 2008

 

Beowulf

[couverture] Si on vous oblige à voir Beowulf, assurez-vous que ce soit dans un cinéma IMAX 3D. Sans quoi vous allez passer plus de temps à vous interroger sur le film qu’à en apprécier les aspects les plus potables.

Oui, c’est basé sur un classique de la littérature anglo-saxonne, un fait qui a évidemment beaucoup moins d’importance pour le lectorat de Solaris que pour tous ces pauvres adolescents américains obligés d’étudier l’œuvre durant leurs cours de lettres anglaises. Les plus érudits savent que ce poème épique mettant en vedette un dragon est d’une des œuvres les plus anciennes de tout le corpus anglophone. Un rappel que la littérature fantastique ne date pas d’hier, mais ce genre de considération n’est pas particulièrement utile en 2007 dans une discussion sur un film d’action à la sauce numérique.

Utilisant des techniques inaugurées dans The Polar Express (2004), le réalisateur Robert Zemeckis a capturé les performances d’acteurs professionnels (Angelina Jolie, Anthony Hopkins, Crispin Glover, etc.) pour en générer des images entièrement numériques. L’effet recherché étant un photoréalisme convaincant plutôt qu’une représentation stylisée comme dans The Incredibles, Beowulf se retrouve confronté au célèbre paradoxe baptisé Uncanny Valley par les artisans qui œuvrent dans le domaine: plus des simulacres se rapprochent de véritables humains, moins ils sont agréables à contempler, au point même de susciter du dégoût chez certains. Les mouvements des personnages possèdent un côté mécanique qui est un irritant mineur pendant tout de film, et qui même parfois devient majeur. Ainsi, pendant la bagarre entre Beowulf et Grendel, on jurerait un hommage aux vénérables techniques de stop-motion de Ray Harryhausen.

à cette impression d’étrangeté se superposent des choix de mise en scène inexplicables pour ceux qui voient le film sur un écran ordinaire. Pour profiter de l’impact de la troisième dimension, Zemeckis privilégie souvent des angles de vue ridicules durant lesquels il ne cesse de projeter des objets pointus à l’audience. (Voyez l’affiche du film.) Une pointe de lance qui occupe la moitié de l’écran sera sans doute spectaculaire en 3D, mais elle sera mystifiante en 2D.

Mais des problèmes plus gênants que ces naïvetés affligent Beowulf. à commencer par le scénario, ce qui surprend considérant qu’il s’agit d’une collaboration entre deux pros tels Roger Avary (Pulp Fiction) et Neil Gaiman. Oh, l’influence de Gaiman est claire au plan de la résonance mythique. Les connaisseurs du poème original seront surpris, voir intrigués par les liens que tissent Avary et Gaiman entre Beowulf, Grendel, sa mère et le dragon. En reliant les deux moitiés disparates de l’histoire d’origine, notamment en les situant au même endroit, les scénaristes ont réussi à resserrer l’intrigue. Finalement, le poème ne pouvait décidément pas représenter une excellente scène d’action comme celle qui coiffe le film.

En contrepartie, le poème ne s’encombrait pas d’une séquence de combat à nu entre Beowulf et Grendel, où on a dû recourir à des astuces dignes d’Austin Powers pour s’assurer de ne jamais voir les bijoux de famille du héros ou du monstre. Je laisse également aux connaisseurs le soin de vérifier si le poème a des dialogues aussi fades que ceux du film; si on y retrouve autant d’amputations, de viscères et de morts violentes; ou encore si la description de la mère de Grendel s’accorde avec la vision d’une Angelina Jolie nue et dorée, avec un accent transylvanien, une queue et des talons hauts façonnés à même ses pieds.

Bref, cette nouvelle adaptation de Beowulf offre souvent matière à rire, et on peut parier qu’elle ne sera pas souvent utilisée comme aide pédagogique dans les salles de classes anglaises. Destiné à épater les amateurs d’imagerie numérique, le film offre au moins aux amateurs de fantasy une belle bataille finale, avec quelques détours à la scène de la caverne pour se rincer l’œil de nudité numérique. Quel étrange destin pour un classique de la littérature anglo-saxonne. [CS]

 

30 Days Of Night

Prémisse géniale, réalisation incompétente, résultat mitigé: voilà, vous savez tout sur 30 Days Of Night.

En effet, les amateurs de films de vampire et les fans de la bande dessinée d’origine ont sans doute déjà vu le film. Quant aux autres, se baseront-ils sur une critique grognonne parue dans une obscure revue spécialisée en littérature fantastique pour décider ou non d’aller le voir?

Parlons au moins de l’idée de base. Quand on sait le nombre de livres publiés en Amérique du Nord mettant en scène au moins un vampire, il est étonnant de constater que personne n’avait encore réfléchi au fait que dans certaines villes nordiques la nuit peut durer jusqu’à trente jours, ce qui en ferait des destinations privilégiées pour les vampires. Cette ville, c’est Barrow en Alaska. Dès la tombée de la nuit hivernale, les vampires arrivent. Ayant préalablement court-circuité les communications de la ville, ils peuvent ainsi s’en donner à cœur joie, traitant la ville comme un buffet ouvert pour le mois.

Avouez que c’est tout de même pas mal comme idée. Ajoutez des survivants terrés au milieu du froid, de la neige et de la glace, concluez l’histoire par un retournement moyennement intriguant et vous obtenez les fondements d’une bonne histoire. Ce n’est pas une surprise si la BD originale, publiée en 2002, continue de plaire et d’accumuler les fans.

Hélas, nous savons tous que l’excellence d’une BD ne garantit pas une adaptation cinématographique réussie, à commencer par le fait que le style graphique très particulier de Ben Templesmith a été remplacé par la réalisation sans éclat de David Slade. Il y a pire qu’un style fade: 30 Days Of Night est plein de passages tout à fait incohérents, durant lesquels on ne sait trop ce qui se passe, ni comment on y est arrivé. Aucune surprise de constater que Slade semble lui aussi apprécier la rage-cam si mal employée dans 28 Days/ Weeks Later : tous les combats sont un assemblage impressionniste de plans rouges, menaçants et propulsé par un speed-métal discordant. Tout ce tumulte parvient mal à camoufler le manque d’intérêt d’une intrigue qui s’égare et s’éparpille, comme l’intérêt de l’audience qui à hâte, elle aussi, au retour du soleil.

Ceci dit, le résultat n’est pas nécessairement pire que la majorité des films d’horreur récents. L’atmosphère et les quelques bons moments du film finissent par compenser plus ou moins pour les incohérences du scénario et les accrocs de la réalisation ou bien le sens du déjà-vu qui finit tout de même par se dégager du projet. De temps en temps, Slade et son cinématographe parviennent même à nous étonner avec une trouvaille. Tous garderont un net souvenir du long plan aérien où l’on montre le résultat de la première journée de règne vampirique sur Barrow, avec des corps éclaboussés ici et là le long de la rue principale… et pour les Canadiens habitués aux longues et froides nuits d’hiver, l’atmosphère glaciale du film fait résonner des cordes sensibles d’une manière que des films tels Near Dark ne peuvent reproduire.

Ce n’est pas une révolution dans le sous-genre du cinéma d’horreur, mais c’est un peu plus qu’un autre film de série B sur le sujet. On s’en souviendra certainement plus longtemps que, disons, Dracula 2000 ou bien The Forsaken.

Bref, prémisse géniale, réalisation incompétente, résultat mitigé. Aviez-vous besoin d’en savoir plus? [CS]

 

The Mist: Peur, brouillard et amertume

Je n’ai tellement pas aimé The Mist que de devoir me remémorer son visionnement pour écrire ce commentaire m’indispose déjà. N’allez pas conclure que Frank Darabont a réalisé un mauvais film; c’est juste que l’amertume qui s’en dégage n’est jamais un sentiment que je recherche au cinéma, même en fantastique horrifique.

The Mist est adapté de la novella éponyme de Stephen King et Darabont est le réalisateur des excellents The Shawshank Redemption et The Green Mile, tous deux adaptés d’œuvres du même auteur. Cette nouvelle collaboration me mettait dans de bonnes dispositions envers ce film, surtout que la novella est un des très bons textes de King… La bande-annonce, à grands renforts de créatures visqueuses, s’est vite chargée d’amenuiser mes espoirs.

La prémisse est simple. Après une violente tempête, une épaisse brume s’abat sur un petit village du Maine et nous suivons les mésaventures d’un groupe d’une quarantaine de personnes coincées dans l’épicerie du village alors qu’une menace inconnue rampe dans la brume. Parmi elles, David, illustrateur, son fils, des voisins et madame Carmody, la rongeuse de balustre locale.

Commençons par ce qui fonctionne bien. L’ensemble bigarré de personnages est bien dépeint par le film. Les relations tendues s’installent rapidement entre les divers individus et les divers groupuscules qui se forment naturellement. La ferveur religieuse de certains, qui décident d’écouter le charabia biblique de madame Carmody, l’incrédulité des autres, la stupidité de quelques-uns, la résurgence de vieilles tensions entre voisins, tout ça fonctionne aussi bien dans le film que dans l’histoire originale. Le personnage le plus intéressant du film est Ollie, l’assistant-gérant de l’épicerie, et il résume à lui seul le propos du film en prédisant qu’avec des terreurs intenses, les gens perdent ce qui fait d’eux des gens civilisés, ajoutant: «as a species, we’re fundamentally insane» («comme espèce, nous sommes fondamentalement fous»). Lorsque les nouveaux disciples de madame Carmody commencent à parler de sacrifice pour calmer Dieu, on ne peut que trouver la démonstration convaincante.

Le scénario explore aussi habilement les diverses solutions envisagées par nos personnages ainsi que leurs conséquences; tentatives erronées, attaques des créatures, maladresses des gens qui tentent de se défendre avec des plans improvisés, etc. Tout cela est vraisemblance et traités convenablement par Darabont.

Enfin, si on est un amateur de créatures visqueuses pleines de pattes et de tentacules, on va adorer. On sent que les intentions de Darabont dépassaient le simple film de bibittes; mais sur ce plan le film n’est pas parfaitement à la hauteur de ses ambitions. Remarquez, je ne lui reproche pas ses ambitions, car on a fait le tour du film de créatures qui attaquent depuis longtemps, mais c’est un défaut de taille quand la chute du film se pointe.

Car le propos du film étant plus psychologique qu’horrifique, on s’étonne du choix de finale, la plus horrifique possible dans les circonstances, qui laisse le spectateur sur un sentiment d’inutilité concernant tout le film et son propos. Je n’ai rien contre les fins horribles ou difficiles. La finale de Seven, par exemple, vous sciait les deux jambes, mais elle s’inscrivait dans la continuité du film et de son propos. Aussi horrible était-elle, elle semblait cohérente et presque logique. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de la finale de The Mist. Et en ce sens, le film rate donc sa cible la plus ambitieuse: faire de l’horrible un élément signifiant et non pas simplement une source de dégoût. [HM]

 

Des DVD pour les soirs de début d’hiver

Si la pauvreté de l’offre en salles vous afflige ou le froid vous empêche de sortir loin de chez vous, il est peut-être temps de louer un film dont vous avez raté la sortie au grand écran… Voici quelques suggestions à se mettre sous l’œil… ou à éviter.

The Order of the Phoenix: un autre sans faute pour Harry Potter

Alors que le ministère de la magie ne semble ni croire Harry ni Dumbledore au sujet du retour de Lord Voldemort, notre héros et son mentor deviennent la cible du ministère et de ses bureaucrates. Les forces supportant Voldemort prennent lentement le contrôle du ministère et de Hogwarts (Poudlard), où Harry et ses copains suivent leur 5e année d’études.

Que dire de Harry Potter and the Order of the Phoenix sinon que les attentes étaient élevées en raison de la qualité et la popularité des quatre films précédents ainsi que de la série de livre duquel le film est tiré. Le film – réalisé avec brio par David Yates – réussi à revisiter cet univers très bien connu, sans que le spectateur ne se lasse d’assister aux aventures de ces jeunes magiciens, même après cinq films, même après sept livres.

Il est intéressant de voir comment les créateurs poursuivent leurs excellentes adaptations de l’œuvre de J. K. Rowling en sachant que la grande majorité des spectateurs aura lu le matériel original avant de voir leur film. Dans le cas de ce cinquième volet, la cinématographie et certains choix de montage ont particulièrement attiré mon attention par leur efficacité à dépeindre l’école de Hogwarts comme un lieu inquiétant, lugubre, sombre et dangereux. Ce sentiment était omniprésent dans le livre, mais le lieu avait tellement été lié au bonheur d’Harry et à sa sécurité dans les volets précédents qu’il me semblait que la chose relevait du défi visuel.

L’intrigue, également plus sombre et violente, démontre une évolution certaine de la série. On est loin de Harry Potter and the Sorcerer’s Stone! Quand aux acteurs principaux, ils vieillissent plutôt bien, ce qui est rassurant pour l’amateur de la série, et comme pour les films antérieurs, les responsables de la distribution mériteraient un Oscar tant les nouveaux personnages sont bien campés et bien intégrés à l’univers de Harry Potter.

Bref, un (autre) excellent film de divertissement, qui donne envie de voir le suivant. Harry Potter and the Half-Blood Prince est en tournage en ce moment, sous la caméra de David Yates, le premier réalisateur à s’attaquer à un autre volet depuis Chris Colombus, réalisateur des deux premiers. [HM]

Rise of the Silver Surfer: Rien ne sert de surfer

Alors que les quatre super-héros de Fantastic Four semblent contrôler le crime sur la planète et que Reed Richards et Sue Storm projettent même de se marier, une nouvelle menace s’attaque à la Terre: le Silver Surfer, un humanoïde argenté qui se déplace sur une planche de surf magnétique. Il semble invincible et aurait causé la destruction de toutes les planètes où il est passé avant de nous visiter… Voilà, en une phrase, l’intrigue de Rise of the Silver Surfer, le nouvel opus de la série Fantastic Four.

J’avoue avoir baillé à quelques reprises pendant le visionnement de ce second volet des adaptations cinématographiques des 4 Fantastiques. Ni plus ni moins que lors du visionnement du premier volet, je vous avoue, mais même à 85 minutes, le film a des longueurs, ce qui en dit… long, sur son scénario et ses dialogues!

Du côté des bons coups, je dirais que le Surfer est cool, surtout qu’il s’avère ne pas être le méchant de l’histoire – le méchant est en fait un mangeur de planète qui prend la forme d’une sorte de grosse et décevante tempête à la fin. La finale, justement, est un peu prêchi-prêcha, mais le Surfer demeure le personnage le moins unidimensionnel du film, les 4 fantastiques inclus.

Le film souffre des mêmes problèmes de scénario et dialogues que le premier opus; la multiplication des gags idiots en tête, et l’éternel manque de maturité de Johnny Storm agace plus qu’il n’amuse. Certains dialogues sont particulièrement pénibles, de même que certaines scènes qui semblent tirées d’un soap opera. La scène où Ben surprend une conversation entre Reed et Sue au sujet de leur mariage prochain et de la possibilité de briser le quatuor m’a fait pousser un soupir d’impatience. Enfin, l’idée de ramener le Dr Doom est un choix étrange qui fait croire que le corpus de Fantastic Four est déjà épuisé au niveau des méchants, un comble.

Dans les circonstances, les acteurs font ce qu’ils peuvent sans grande conviction… et voulez-vous bien me dire ce qu’ils ont fait à Jessica Alba pour la rendre méconnaissable à ce point? Je n’étais même plus certain si c’était elle ou bien une actrice maquillée pour lui ressembler!

Bref, à ne louer que si vous n’avez pas encore 18 ans et que vous êtes un inconditionnel du premier film. [HM]

Final Cut: le film de votre vie

Alan est un cutter, un monteur. Il travaille sur d’importantes quantités de matériel avec un but précis: il doit monter le film d’une vie. Le matériel a été enregistré grâce à une puce insérée dans le corps du sujet pendant sa vie. Maintenant que le sujet est mort, Alan a le mandat de monter sa vie pour le film qui sera présenté à ses funérailles, la manière dont le défunt sera remémoré.

Alors qu’il travaille sur un contrat de montage précis, Alan se trouve mêlé à une intrigue dont la source remonte à son propre passé.

Le film Final Cut est passé inaperçu lors de sa sortie en salle, et sa disponibilité en DVD est une belle opportunité de voir un film de SF un peu différent des grosses productions que l’on nous sert habituellement. Le film n’explore pas suffisamment son potentiel SF et se concentre sur une intrigue polar plus classique, mais il n’en demeure pas moins une intéressante petite production se déroulant dans un avenir proche, aussi crédible qu’inquiétant. Le scénario est fluide et ne prémâche pas l’intrigue pour le spectateur. La personnalité trouble d’Alan et la présence d’un groupe opposé à l’utilisation de la puce et la technologie qui en découle sont de bons exemples d’éléments qui ajoutent à la vraisemblance.

La réalisation et la direction photo servent parfaitement un scénario cohérent et font de ce film une belle surprise dans le rayon SF. Robin Williams joue Alan avec retenue (on pense à son interprétation dans One Hour Photo) et l’ensemble est bien maîtrisé et ne manque pas de revirements. à part quelques réserves sur le rythme de la finale, qui semble débouler un peu vite (on aura compris que le film aura souffert de coupures au montage, hum, assez ironique vu son sujet), je le recommande sans hésitation pour un soir où vous aurez envie d’un film à idée plutôt que d’un film d’action.

Une note en parallèle. Je me souviens avoir vu un court-métrage québécois en 2000, dont le sujet était tangent à la prémisse de Final Cut: un personnage présentait au défunt le film de sa vie, avant que ce dernier ne passe vers l’inconnu… Malheureusement, je ne me souviens ni du titre ni du réalisateur du court, vu dans un festival. [HM]

1408: une terrifiante chambre n˚ 13

Adapté d’une novella de Stephen King (c’est la saison!), le film 1408 se déroule entièrement dans une chambre d’hôtel… ou presque.

Le film suit Mike Enslin, un écrivain jadis talentueux qui se concentre aujourd’hui sur une série de Ghost surviving guides. Il explore donc les hôtels, motels et manoirs hantés afin de faire ses recherches. Devenu cynique au fil des ans, il n’a jamais vu un vrai fantôme et ne croit en rien. Un jour, il reçoit une carte postale de l’hôtel Dolphin de New York, mentionnant «N’entrez pas dans la chambre 1408». Intrigué, il fait des recherches et décide d’aller visiter cette chambre, qui aurait été le théâtre de dizaines de morts; naturelles ou par suicides. Le gérant prétend que personne n’a jamais tenu plus qu’une heure entre ses murs. Malgré les avertissements de ce dernier, Mike décide d’y passer la nuit pour faire de la chambre 1408 le dernier chapitre de son nouveau livre. Il entre donc dans la chambre… En sortira-t-il vivant?

Si on met de côté quelques détails cute (en l’absence de 13e étage, la chambre est au réel 13e étage, et en additionnant les chiffres composant son numéro, on obtient également 13), le film 1408 est un film plutôt bien mené. Dans le rôle de Mike, John Cusack porte le film à peu près à lui seul, puisqu’il occupe l’écran en solo pendant les trois quarts de la projection. L’évolution de ses réactions aux divers phénomènes présents dans la chambre est cohérente et crédible dans les circonstances et son excellent jeu rend l’identification du spectateur au personnage principal naturelle, un élément sans lequel le film ne pourrait fonctionner.

Le principal élément original du film est certainement cet équilibre aux frontières du réel, du surnaturel, de l’imaginaire et de la folie. Jamais le spectateur ne sait vraiment de quoi il retourne avant la toute fin du film. L’idée d’exploiter les fantômes personnels de Mike plutôt que de ne lui faire voir les fantômes des gens ayant perdu la vie dans la chambre est aussi un des éléments forts du film.

Comme j’ai vu le film sur DVD, format qui propose le Director’s Cut, les quelques longueurs relevées étaient peut-être absentes de la version projetée en salle. Malgré cela, le film a un rythme assez soutenu, son fil narratif est très efficace à l’écran et une multitude de petits détails de réalisation viennent appuyer plusieurs scènes. Contrairement à la plupart des films d’horreur qui misent sur les effets sanglants, les créatures visqueuses ou les effets sonores, 1408 prend le parti de la subtilité. Il en résulte un film d’ambiance, bien plus efficace pour vous effrayer que n’importe quel film gore. Mieux encore, le film se réinvente lui-même en cours de route avant la chute, pour surprendre encore plus le spectateur avec un revirement qui représente une réelle trouvaille.

La présence d’un hôtel hanté et d’un écrivain, tout cela associé au nom de Stephen King, rappelle évidemment The Shining. Le distributeur ne se gêne d’ailleurs pas pour citer sur la jaquette du DVD une critique affirmant que 1408 est aussi bon que le film de Kubrick. C’est étirer l’élastique un peu fort, mais le film de Mikael Hafstrom est certainement un film qui plaira à l’amateur de fantastique qui cherche à avoir un bon frisson dans le dos. [HM]

 

 

Mise à jour: Décembre 2007 –

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