Sci-Néma 147

par Daniel SERNINE [DS] et Christian SAUVé [CS]

Exclusif au Volet en ligne (Adobe Acrobat, 939Ko) de Solaris 147, Automne 2003

Sur le Seuil ouvre la porte

Compte tenu du contexte (battage médiatique sans précédent, unanimisme du milieu après l’avant-première à Fanta-Asia), je crois utile d’amorcer mon commentaire en évoquant mes attentes ou, plus exactement, mes appréhensions. Ceux et celles qui fréquentent le congrès Boréal savent que je ne suis pas un admirateur enthousiaste des romans de Patrick Senécal. Je les trouve généralement captivants mais les dialogues m’apparaissent souvent trop bavards et je suis en désaccord avec certains choix littéraires de l’écrivain (narration en je, langage «naturaliste»). Par ailleurs, ce n’est pas parce que j’allais commenter le film dans Solaris – publiée par un éditeur associé à Alire, qui a publié le roman Sur le Seuil – que j’allais nécessairement en faire une critique élogieuse.

Mon appréciation n’en sera donc que plus positive. Précisons en passant que je n’ai pas relu le livre depuis sa parution en 1998.

Je ne puis donc cerner ce qui en a été omis pour l’adaptation mais, comme le scénario est cosigné Patrick Senécal, on peut présumer qu’il n’a rien écarté d’important. L’œuvre a peut-être même gagné à être resserrée (en tout cas, on n’y blasphème presque pas!).

Dans l’ouverture coup-de-poing (efficace malgré une reporter bien peu convaincante), onze enfants en visite au Biodôme de Montréal sont tués à coups de revolver par un policier qui semble être brusquement devenu fou. Le même jour, les psychiatres Paul Lacasse (incarné par Michel Côté, presque parfait) et Jeanne Marcoux (Catherine Florent) reçoivent un célèbre patient à l’hôpital Sainte-Croix: Thomas Roy, écrivain d’horreur de renommée mondiale (et néanmoins québécois), incarné par Patrick Huard. L’auteur, dans la mi-trentaine, s’est tranché les doigts à l’aide d’un massicot et a tenté de se suicider. Sa catatonie initiale cède le pas à un refus d’expliquer ses motifs, hormis qu’il n’en peut plus (quelques mois plus tôt, il avait annoncé qu’il cessait d’écrire). à la demande de sa consœur, une fan de Roy, Lacasse enquêtera plus que le ferait ordinairement un médecin; il sera même amené par les circonstances à accepter l’aide d’un journaliste sans scrupule, Monette, sous la forme d’un cahier de découpures de journaux recueilli dans les ordures de l’écrivain. Il en ressort que les meurtres, massacres et morts tragiques ayant fait l’objet de ces faits divers, ont tous figuré dans les romans d’horreur de Roy. Mais quelle version a précédé laquelle, l’authentique ou la fictive? Lacasse, désabusé et récemment séparé, refuse l’évidence croissante: Thomas Roy n’a pas seulement été témoin de ces manifestations du Mal, il y serait impliqué d’une façon inexplicable.

L’interprétation varie de bonne à excellente. Patrick Huard est adéquat, peut-être parce qu’il n’a pas vraiment à personnifier un écrivain (du moins un écrivain dans sa vie normale). Albert Millaire est à la hauteur de sa réputation dans le rôle du père Lemay, seul survivant du tragique trio ecclésiastique de Mont-Mathieu, mais j’ai trouvé plus savoureux le rôle du père Boudreault. Chez les médecins, c’est hélas Catherine Florent le maillon faible. Peut-être parce que ses répliques sont rendues de manière inconsistante, peut-être parce que c’est en elles que se sont réfugiés les travers de Senécal en la matière: des dialogues qui font trop «exposé».

Le directeur photo, Denis-Noël Mostert, signe des images aux couleurs à la fois glauques et crues, où dominent le bleu et le vert d’hôpital. Baignées de rouge, les scènes de cauchemar, signées par l’artisan du générique, Alain Escalle, sont très efficaces dans le registre du thriller d’horreur, et n’ont rien à envier à des productions à gros budget, pas plus que les effets spéciaux prosthétiques. La musique de Ned Bouhalassa s’avère tout aussi intéressante, mais le réalisateur (ou le monteur) l’ont employée pour souligner un peu trop lourdement les moments forts, comme par crainte que l’image à elle seule ne suffise pas à saisir le spectateur. Ajoutons à cela que la trame sonore (dialogues exclus) était désagréablement poussée au maximum, du moins à la projection de presse à laquelle j’ai assisté. Est-ce le signe qu’on vise un public jeune, lequel tient présumément à se faire casser les oreilles?

Si le propos central de l’œuvre (la Grande Explication, livrée vers les trois quarts du film) manque un peu de substance, cela est rattrapé magistralement par l’épisode final, le vent de folie meurtrière qui balaie l’aile psychiatrique. Les scénaristes, peut-être parce qu’ils se savaient limités au plan des moyens techniques, ont pris le parti de la concision, de l’ellipse et de l’aperçu (mais pas de l’allusion: ce qu’on voit de l’horreur finale est assez explicite merci!). Pour revenir une phrase en arrière: je ne me rappelle pas si l’aspect du Mal était mieux fouillé dans le roman; mais, dans le film, tout ce qui entoure le père Pivot et ses vilaines pratiques est un peu court. Le prêtre lui-même, personnifié par Nicolas Canuel, ne dégage hélas pas grand-chose – carence regrettable pour une incarnation du Mal. Mais bon, Polanski n’a guère fait mieux dans The Ninth Gate, alors on serait bien malvenu d’en tenir rigueur à un réalisateur qui commence tout juste sa carrière.

Dans le milieu québécois du fantastique, les regards, pleins d’expectative, étaient tous braqués vers ce qui allait être le premier film québécois d’horreur fantastique «sérieux» produit à un niveau professionnel, avec budget conséquent (des comédies comme Karmina sont évidemment exclues de la comparaison). Si on retenait son souffle, je crois qu’on peut maintenant respirer à l’aise: Sur le Seuil ne se casse pas la gueule, loin de là, et on n’a pas à recourir aux humiliants arguments du genre «mais ils avaient un si petit budget» ou «pour un film québécois, c’est bon». Le grand public saura désormais qu’il s’écrit et se publie du très bon fantastique au Québec; signe des temps, ça prenait un film pour le prouver, mais bon, il faut ce qu’il faut! [DS]

 

Pirates of the Caribbean : une perle noire

Au générique de Pirates of the Caribbean: The Curse of the Black Pearl, j’ai vu que le film était basé sur un parc d’attraction de Walt Disney. Comment allais-je pouvoir en dire du bien? Peut-être en commençant par un point non négligeable: il a été réalisé par Gore Verbinski, celui qui nous a donné le très atypique The Ring, cette excellente refaçon d’un film culte japonais. Bien qu’il n’y ait rien dans Pirates pour nous rappeler l’étrangeté de The Ring, j’en suis quand même ressorti avec quelques images fortes, celle (vue du fond de la mer) où le navire Interceptor passe au-dessus d’un cimetière de bateaux et où l’on aperçoit des requins-marteaux, et celle (sous-marine encore) des pirates squelettes marchant au fond de la mer pour aborder un navire par ses câbles d’ancres.

Mais commençons par le début: le petit Will Turner est recueilli en mer par un navire où se trouve la jeune Elizabeth Swann; elle lui prend un médaillon d’or qu’il porte au cou. Dix ans plus tard, Mademoiselle Swann, fille du gouverneur d’une île britannique, est incarnée par la ravissante Keira Knightley (dont seuls les prodiges de mémoire se rappelleront qu’elle fut la suivante de la princesse Amidala dans Star Wars: The Phantom Menace). Mademoiselle Swann en pince pour le jeune forgeron local, nul autre que Will Turner, personnifié par Orlando Bloom, un peu terne lorsqu’il n’est pas Legolas. Débarque un personnage fantasque, Jack Sparrow, qui insiste pour qu’on l’appelle capitaine, même si la barque qui l’a amené coule dans le port, dans une scène admirablement comique. C’est Johnny Depp, et le film est lancé. Pirates of the Caribbean a beau être un parfait (et joli) tissu de clichés du genre, la seule présence de ce pirate déchu, plaisamment déjanté, retors, les yeux maquillés, portant tresses et breloques, le rachète à chaque fois qu’il frôle de trop près le convenu et le prévisible.

L’intrigue serait trop longue à résumer, entièrement faite de retournements qui ne laissent au spectateur pas un seul moment pour s’ennuyer. Disons que la malédiction du titre concerne un trésor aztèque (dont le médaillon de Turner était la dernière pièce) et qu’elle se manifeste ainsi: les pirates du Black Pearl (menés par un Geoffrey Rush agréablement cabotin lui aussi) seront morts-vivants tant que ledit trésor n’aura pas été arrosé du sang d’un ultime descendant de ceux qui l’ont volé. à la seule lueur de la pleine lune peut-on les voir pour ce qu’ils sont vraiment: des squelettes. évidemment, de les savoir intuables enlève pas mal d’intérêt à certaines batailles au sabre, plutôt longuettes, mais ça fait de Pirates un film fantastique et ça donne lieu à des scènes… «intéressantes», pour citer Jack Sparrow.

Il y a de ces films émaillés de clichés et d’invraisemblances qui méritent qu’on en fasse le procès en long et en large. Et il y a en a d’autres, à peine plus originaux ou cohérents, auxquels on a envie de tout pardonner, parce qu’ils nous ont procuré un spectacle divertissant, agréable à voir et sans prétention. Pirates of the Caribbean est de ceux-là. [DS]

 

The League of Extraordinary Gaspillage

Dans ma critique du deuxième film X-Men (Solaris 146, volet en ligne), je faisais part de ma tiédeur vis-à-vis la majorité des adaptations cinématographiques de comics de super-héros. Voici l’occasion de préciser qu’en fait ce sont les comics de super-héros eux-mêmes que je n’apprécie pas tellement, trop souvent le royaume du n’importe quoi. Ceci ferait sans doute ricaner un littéraire, aux yeux de qui SF et comics de super-héros sont deux royaumes jumeaux sur la planète «n’importe quoi».

Il n’en est rien, mais ce n’est pas ici que je me livrerai à une analyse comparative. Toutefois, je parlerai quand même de League of Extraordinary Gentlemen comme bel exemple du «n’importe quoi». Si vous avez vu la bande-annonce, vous connaissez l’argument de ce film partiellement tourné en république tchèque: pour affronter un mégalomane se faisant appeler The Phantom et qui menace de déclencher une guerre mondiale avec des technologies inédites (nous sommes en 1899), on réunit les personnages de diverses fictions de l’époque victorienne, héros qui ne sont évidemment pas fictifs dans la BD ni dans le film: le Allan Quatermain de H. Rider Haggard (Sean Connery), le capitaine Nemo et son Nautilus, le docteur Jekyll et son encombrant Mr Hyde, l’homme invisible, la Mina Harker de Dracula (Peta Wilson), le Dorian Gray d’Oscar Wilde (Stuart Townsend) et, manifestement ajouté pour le public étatsunien, un Tom Sawyer adulte (comme j’ai vu le film en anglais l’adjectif «obnoxious» m’est venu rapidement à l’esprit). Après que Venise soit à moitié détruite aux explosifs, cette ligue pour le moins disparate affrontera le professeur Moriarty de Conan Doyle jusqu’en Mongolie, où elle se rendra en sous-marin, si si. Qu’est-ce que je disais? Ah oui, n’importe quoi.

Certes il y a des images steampunk qui valent (presque) le détour: une automobile décidément pas à vapeur, ou un Nautilus probablement plus grand que Verne l’avait imaginé, son intérieur aussi luxueux qu’un palais des Indes. Mais justement, pour ce sous-marin, la Tamise, la Seine et les canaux de Venise deviennent aussi profonds que des fjords. Dans cette Sérénissime, d’ailleurs, les canaux sont largissimes et les ponts se retrouvent au niveau des troisièmes étages.

Et ne parlons pas des anachronismes.

Puis, si j’avais voulu voir le Hulk, je serais allé voir The Hulk. On nous en sert ici une version rose et brune, au lieu de verte. En effet, pour les bédéistes (et co-scénaristes) Alan Moore et Kevin O’Neill, Mr Hyde n’était pas seulement cruel et brutal, il était un géant d’une tonne. Où vont ses muscles excédentaires lorsqu’il redevient «normal» (et d’où viennent-ils, d’ailleurs? Bof, on est dans les comics de super-héros, n’est-ce pas?).

Dois-je en dire plus? Sean Connery avait-il besoin de se commettre avec le réalisateur Stephen Norrington (qui nous avait donné l’épileptique Blade, en 1998)?

Restent quelques répliques spirituelles, un Dorian Gray et un docteur Jekyll intéressants (quoique tout justes effleurés) et un retournement de rôles qui vient hélas trop tôt dans l’intrigue. Je parie que la BD était meilleure… [DS]

 

Que de bruit pour rien!

à mesure que passent les années, que je vois de bons films et des médiocres, d’excellents et des mauvais, j’ai de moins en moins de patience pour les superproductions étatsuniennes assourdissantes, où tout n’est que casse et fusillade. Si la poursuite routière dans The Matrix Reloaded m’avait paru longue, celle dans Terminator 3 – Rise of the Machines m’a fait regarder ma montre, malgré ses camions de pompier qui revolent, sa grue motorisée en folie et son vacarme de métal heurté.

Je pensais à regret au sublime The Hours, que j’avais revu la semaine précédente et à la musique envoûtante que Philipp Glass a composée pour le film de Stephen Daldry, en contemplant le marathon mécanique de Jonathan Mostow. Le réalisateur d’U-571 (le film de sous-marins, vous vous rappelez?) a accepté la commande que James Cameron avait déclinée. Linda Hamilton a judicieusement refusé de reprendre le rôle de Sarah Connors (on a donc infligé une leucémie fatale à son personnage), et je présume qu’Edward Furlong a aussi décliné de reprendre le rôle du jeune Connors (il est pourtant toujours actif comme acteur: surveillons-le, avec Brad Renfro, dans le film Riders on the Storm dirigé par Ray Manzarek, des Doors).

Il s’agissait pour le réalisateur Mostow, apparemment, de mettre en scène le plus de carambolages et de fusillades avec le moins possible d’histoire ou de dialogues (sur ce point, une «Terminatrix» quasi-muette, Kristinna Loken, représentait un atout). Voici donc qu’on envoie ce nouveau robot, «femelle» et multifonctionnel, pour supprimer tous les jeunes gens qui dans le futur deviendront les lieutenants de John Connors, le leader de la résistance humaine aux machines. Kate Brewster se trouvera impliquée malgré elle, étant la future conjointe de Connors et fille du général de l’armée de l’air qui livrera sans l’avoir voulu la planète à une intelligence artificielle. On semble avoir vieilli Claire Danes pour qu’elle incarne cette héroïne-malgré-elle, car dans un film tourné la même année elle paraissait bien plus jeune. (The Hours, justement; est-ce que ça paraît que je voudrais parler d’un tout autre film?)

Bang bang bang, on se poursuit en camionnette de vétérinaire, en corbillard, on se mitraille sans faire de blessés, on se retrouve dans un quartier général de la Défense (où l’on entre comme dans un moulin); le duel entre les deux robots, le vieil Arnold et T-X se poursuit dans les toilettes, on s’assomme à coups d’urinoirs pendant que le contrôle des missiles nucléaires échappe pour de bon aux militaires.

Seules bonnes astuces du scénario: la Terminatrix happée par les électroaimants d’un accélérateur de particules, et le prétexte pour lequel le couple de jeunes héros est envoyé dans un abri souterrain, soi-disant afin de saboter les ordinateurs qui se sont emparé du réseau mondial de défense. Disons simplement que la porte est ouverte pour un éventuel quatrième film (soupir). [DS]

 

Les hommes malades de la rage

Personne n’aurait pu me faire asseoir devant un film de zombies s’il n’y avait eu au générique le nom de Danny Boyle (Shallow Grave, Trainspotting, The Beach). Dans un genre lardé de clichés, le cinéma d’horreur, il existe un sous-genre qui est devenu cliché à l’état pur: le film de zombies. La démarche des morts-vivants, telle qu’illustrée ad nauseam à l’écran, se classe au sommet du palmarès des clichés, juste à côté de la cape noire du vampire.

Si vous partagiez cette appréhension, laissez-moi dissiper vos craintes: 28 Days Later n’a rien du film de zombies, le mot n’est d’ailleurs jamais prononcé, même si la bande-annonce semblait flirter avec le concept.

28 Days Later risque d’être vu d’un autre œil au Canada qu’en Europe ou aux états-Unis. Certes, le SRAS et l’encéphalopathie spongiforme bovine ne sont pas la rage, et encore moins cette forme de rage excessivement virulente qui, dans le film, déferle sur l’Angleterre après que des activistes ont libéré les chimpanzés d’un laboratoire londonien où ils servaient de cobayes. Mais l’entêtement du corona-virus a dû, par moments, faire peur aux médecins torontois.

Dans le film de Boyle, comme son nom l’indique, quatre semaines suffisent à exterminer quasiment toute la population de la métropole (et, apparemment, du Royaume-Uni presque au complet). Lorsque Jim, un jeune messager-cycliste accidenté, se réveille dans un hôpital désert, il n’a aucune idée de ce qui s’est passé durant son coma. Il est vite mis au fait, toutefois, lorsqu’un couple de non-infectés lui sauve la vie ce soir-là, dans une métropole à l’abandon.

De là, le film suit un scénario assez convenu: on s’enferme pour la nuit, on peut voyager le jour, on perd des camarades lors de confrontations avec les «infectés», on cherche le salut en campagne. Virage intéressant lorsque l’escouade de militaires auprès de qui l’on espérait trouver refuge, s’avère porteuse d’une autre forme de rage, hélas banale celle-là: la duplicité et la cruauté humaines. 28 Days Later a nombre de qualités en sa faveur. Tourné en vidéo, avec des acteurs peu ou pas connus (tout au plus reconnaît-on Brendan Gleason, vu dans Artificial Intelligence et The Gangs of New York), le film a sinistrement l’air d’un documentaire. La trame sonore est minimaliste, laissant de longues plages de silence. Les attaques d’«infectés», toujours tournées dans le noir, de manière brusque et hachée, parfois stroboscopique, sont d’une efficacité d’autant plus saisissante que les assaillants ont la vigueur et la hargne d’enragés, littéralement, et n’ont pas du tout l’air de zombies…

Je dirais «âmes sensibles s’abstenir», si ce n’était du dénouement, tourné vers l’espoir plutôt que le nihilisme.[DS]

 

Et quelques films oubliables…

à chaque numéro de Solaris, les chroniqueurs de «Sci-néma» doivent s’interroger sur la pertinence de parler de tel ou tel film. Même si, idéalement, nous devrions parler de tout ce qui est paru au grand écran en science-fiction et en fantastique, il est évident que tous les films ne sont pas créés égaux. Dans certains films, l’élément SF ou fantastique est ténu ou d’un intérêt marginal. C’est un peu le cas des trois œuvres suivantes.

Tomb Raider 2 (ou si vous préférez le titre officiel: Lara Croft Tomb Raider: The Cradle of Life) est un de ces films où il est possible d’oublier, après quelques minutes, toute appartenance au domaine du fantastique. Angelina Jolie, plutôt bien dans le rôle-titre, découvre un orbe magique dans un temple grec perdu, ce qui l’amène à affronter des créatures surnaturelles dans un effort pour retrouver la boîte de Pandore…

Mais jusqu’à un certain point l’intrusion du surnaturel agace dans un film d’aventure qui tente si longtemps de se conformer à un certain réalisme. Ça n’en fait pas un film plus mémorable pour autant, et la finale de cette pâle imitation d’Indiana Jones traîne en longueur, fantastique ou pas.

The Medallion est un autre film qui s’encombre d’éléments fantastiques sans trop savoir quoi en faire. Cet amas confus d’immortels, de revenants invincibles, et qui sait quoi d’autre, n’est qu’un prétexte pour illustrer les talents acrobatiques de Jackie Chan. Sauf que Chan est antipathique, son collègue policier encore pire, l’héroïne poirote, l’antagoniste n’a aucune présence, bref, c’est la pagaille et un manque aussi flagrant d’imagination étalé à plein écran finit par irriter. Un combat entre immortels surpuissants aurait dû être excitant, mais on n’a droit qu’à quelques plans confus. La finale est encore plus pathétique: tout est réglé par un personnage qui aurait pu mettre fin à toutes ces folies bien avant.

Le même constat s’applique aussi un peu à Spy Kids 3D, un film pour jeunes où notre héros (Darryl Sabara) doit affronter un jeu vidéo virtuel pour secourir sa sœur (Alex Vega), prisonnière du méchant Toymaker (Sylvester Stallone, hé oui). L’aspect science-fictionnel est convenu, quoique traité avec un manque de sérieux tout à fait approprié. Mais si le retour au grand écran de la troisième dimension par l’emploi de lunettes rouge/bleu est sympathique, les vétérans des tentatives précédentes vous diront que la technologie comporte sa part de failles, dont la fatigue visuelle qui ne tarde pas à se faire sentir. Il y a un certain plaisir enfantin à s’exclamer devant des effets 3D bien «in your face», mais on s’en lasse vite. En ce qui a trait à l’intrigue, elle décevra les fans de la série Spy Kids, car la touche toujours sympathique du scénariste/réalisateur Robert Rodriguez est moins évidente. Spy Kids 3D : une curiosité, sans plus.

Concluons ce bref survol en vous rassurant: ç’aurait pu être pire, nous aurions pu vous parler de Freddy vs Jason… [CS]

Mise à jour: Septembre 2003 –

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *