Martine Desjardins, lauréate du prix Jacques-Brossard 2017

Saint-Denis, 5 mai 2017 – Au terme de leurs délibérations, les cinq membres du jury ont décerné le prix Jacques-Brossard 2017 à Martine Desjardins pour son roman La Chambre verte publié chez Alto. S’étant distinguée parmi les 56 auteurs en lice, l’auteure a reçu le prix à la Maison de la littérature, à Québec, dans le cadre des cérémonies d’ouverture du congrès Boréal.

Lorsqu’elle donne la parole à une maison plutôt qu’à ses habitants, Martine Desjardins pratique une version personnelle du fantastique. D’un immeuble, elle fait un personnage qui agit. Habitée par une famille, les Delorme, que l’obsession de l’argent pousse aux pires extrémités, la maison devient l’agent d’une justice immanente. Son propriétaire l’a érigée à l’image d’une banque : elle repose sur les restes d’un caveau à légumes transformé en chambre forte puis en un sanctuaire consacré au culte du dollar. Véritable fable moderne, La Chambre verte propose une morale : on se prive de l’essentiel et on contribue à sa propre perte à vouloir trop économiser, à pratiquer une trop stricte austérité, une si mince ligne séparant homo economicus de hobo economicus. En corollaire : l’amour de l’argent est une maladie dont on ne peut guérir, une faute que nulle rédemption ne peut effacer. Difficile, en somme, à la lecture du roman, de faire abstraction du monde actuel où les « décideurs » érigent en foi ultime les valeurs de l’économie hors desquelles il n’est point de salut.

Les jurés ont été touchés par la virtuosité de l’auteure. C’est avec un art consommé en effet qu’elle exploite le thème à fond sans jamais se répéter. Elle sait solliciter le lecteur sans le bousculer, le déstabiliser sans le dérouter. L’élégance de son écriture produit une narration fluide et sans heurt. Même quand le propos ou la description des personnages sont empreints d’une ironie mordante, Martine Desjardins fait montre d’une grande sensibilité dans l’analyse des sentiments et des émotions, son vocabulaire riche et précis apportant toutes les nuances nécessaires à leur expression.

Avec ce cinquième roman, l’auteure remporte le prix Jacques-Brossard pour une deuxième fois : Maleficium lui avait valu le même honneur en 2010. Outre la lauréate, le jury du prix a sélectionné deux autres finalistes dans une production 2016 d’un niveau supérieur. Dave Côté s’est distingué en publiant deux nouvelles, « Angle mort » dans Brins d’éternité no 43 et « Je ne voterai pas » dans Solaris no 199, tandis que Renaud Jean publiait un premier roman très réussi, Rénovation, aux Éditions Boréal.

Doté d’une bourse de 3000 $, le prix Jacques-Brossard est administré par la Corporation Passeport pour l’imaginaire. Il récompense chaque année l’auteur de la plus remarquable production dans les littératures de l’imaginaire. Depuis 1984, il a couronné 25 auteurs qui se sont partagé des bourses totalisant 75 000 $.

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Pour information : René Gagnon, (418) 300-0528

 

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